Samedi 11 avril 2009
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Se tourner vers l'adoption constitue une demarche particuliere dont les raisons peuvent etre nombreuses. Les raisons l'originant recouvrent pour chacun un sens particulier, l'ensemble de la
procedure sera vecue par chacun de maniere singuliere, comme chaque evenemement de vie, finalement.
Au depart, nous voulions un enfant.
La France, ne proposant que tres peu d enfants a l'adoption, nous avons choisi le Vietnam pour l'origine de notre enfant et c est au bout de 3 ans (debut de la procedure d agrement) que nous
avons pu enfin accueillir notre enfant.
L' AFA est un organisme d'etat qui gere administrativement les demarches entre les adoptants et les autorites du pays d origine de l enfant. Il ne s'agit pas d'un organisme souverain, il ne
lui appartient, en ce sens, pas du tout d'apporter toute forme de certitude quant a l'evolution de notre projet d'adoption.
L'AFA fait figure d'intermediaire et a ce titre, il nous transmet les informations necessaires a l'evolution de notre projet, quand ces informations sont en leur possession.
De l'autre cote, il y a nous : ceux qui attendent... Et pour nous, c'est terriblement frustrant de vivre un sentiment permanent d'attente sans savoir si et quand notre projet d'adoption
aboutira. J'ai, pour ma part, souvent, deteste l'AFA, l'economie d'informations etant particulierement douloureuse a vivre au jour le jour...Je suis passee par de multiples sentiments les
concernant, de la colere quand j entendais : si on ne vous appelle pas, c est qu il n y a rien /.../ on n a pas de nouvelles /.../ on vous tiendra informes... a la joie quand a force de
cliquer sur ma boite de messagerie, je recevais un mail, meme insignifiant, qui me donnait la force de tenir.
A vrai dire, le fait de devenir parent ne se construit pas du jour au lendemain, mais resulte d'une demarche inscrite dans le temps, un temps sans doute necessaire pour que mature en chacun
de nous le projet qui est devenu la pierre angulaire de notre vie. Sauf qu'au bout d'un certain temps, on se sent pret, mais notre enfant n'est pas la pour autant, et le fait de cliquer 150 fois
par jour sur sa boite de messagerie ou de garder colle a soi son telephone portable n' a malheureusement pas la fonction magique d'accelerer les choses.
Alors, pour revenir sur l'AFA, ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c est qu'il s'agit d'un organisme ayant une mission d'intermediaire ce qui sous entend une dependance aux pays etrangers et a
leurs regles specifiques. Mais nous, qui, nous croyant seuls au monde, tant notre desir d'avoir un enfant envahit notre pensee et notre projection dans l 'avenir avec cet enfant est si forte,
retrouvons souvent notre esprit court circuite par la realite : on ne sait pas, jusqu a la derniere minute, quand nous irons chercher notre enfant. Et la pensee que notre projet n aboutisse pas
-alors qu on l'a tant investi - nous traverse cruellement l esprit et fait de chaque moment d'attente, une epreuve d'endurance et de resistance.
A la decharge de l'AFA, je dirai maintenant, avec plus de recul, que l'agence fait ce qu elle peut, comme elle peut, tiraillee entre les familles dans l'attente et les pays avec lesquels elle
travaille dont elle ne maitrise pas les delais. Mais dans toutes les histoires que nous vivons, s'il faut toujours identifier un responsable pour decharger sa souffrance, l'AFA, parfois, se trouve
a cette place, lieu imaginaire d'exutoire... mais l'AFA n'est pas l'agence dans laquelle sont accueillis nos chers enfants tant attendus mais seulement une structure permettant le lien.
Mon propos n'est pas de faire l'apologie de cet organisme que j'ai bien des fois critique pour les carences de soutien psychologique, dont j'ai bien compris qu'elle n'en avait pas la vocation ni le
role, mais plutot, de recadrer les choses, pour que chacun sache vers quoi il s'engage, en conservant des attentes correlees a la realite et ne projette pas sur l'Agence Francaise de l'Adoption,
les pleins pouvoirs et la toute puissance en matiere d'adoption...